Maze

Titre : Maze
Année : 2021

Il existe plusieurs types de labyrinthe, d’abord le labyrinthe maniériste, qui est certainement celui qui résonne le plus dans l’imaginaire collectif. Un grand nombre de chemins, une entrée et une sortie (ou au centre). C’est à lui que notre esprit européen pense presque instantanément car alimenté par des images de jardins, de jeux vidéo, de pages de journaux… Le labyrinthe maniériste est depuis longtemps étudié comme un objet mathématique car il répond à un principe binaire : Vrai/Faux, Bon chemin/Cul-de-sac et qu’il peut être modélisé sous la forme d’un arbre de décision (utilisé pour faire des calculs de probabilité).

Souvent, on associe le Web à un autre type de labyrinthe : le rhizome, ou le réseau, une structure mouvante, sans entrée ni sortie, où chaque chemin est potentiellement le bon. Pour nous éviter de perdre du temps, et de se perdre, (vertige) des “intelligences” artificielles créent des profils Les algorithmes prédictifs construisent la carte de nos vies numériques, nos labyrinthes personnels, maniéristes. L’utilisateur avance dans son propre labyrinthe personnalisé : un arbre de décisions mathématiques, calculé par des algorithmes de prédictions alimentés aux données d’analyse de nos comportements

Tags : #Numérique  #Algorithme #Data

 

Comment ne pas penser au Mythe du Minotaure ? Son labyrinthe, construit sur mesure par Dédale, n’est pas seulement le Palais ou la prison du Monstre, c’est aussi sa tombe, c’est là qu’il meurt assassiné par Thésée. Les algorithmes proposent des itinéraires calculés, ils construisent nos palais, nos prisons, nos cocons numériques dont le but est d’alléger nos déambulations en fournissant toujours la bonne information. Les algorithmes contrôlent les chemins potentiels, ils définissent les murs des labyrinthes dans lesquels nos traces s’accumulent et où on creuse à notre image le sanctuaire de notre mort numérique, le paysage de notre vie numérique.

Le projet Maze propose un protocole afin de visualiser ce paysage labyrinthique. La première étape est de récupérer l’historique de ses navigations et de construire l’arbre de décision correspondant. Celui-ci est une représentation mathématique d’un labyrinthe maniériste, on peut donc tracer un dessin de labyrinthe à partir de cet arbre. Sur la carte obtenue, on peut ensuite dessiner à l’encre les chemins empruntés. Le dessin final permet de générer une topographie dans un logiciel de conception 3D. En se superposant ces couches d’encre deviennent de plus en plus foncées, ce qui dans le logiciel va se traduire par le niveau le plus profond. Une fois le paysage généré, on peut devenir le player dans un monde dessiné à son image, renter dans la grande sauvegarde de nos vies, grâce à une une exploration via la réalité virtuelle.

@Paul de Lanzac
@ Paul de Lanzac